Monaco
Monaco : vos 10 hôtels préférés
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Monaco : vos endroits préférés
Monaco : je prépare mon séjour
Avant de partir
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Immigration et visaL'acquisition d'un Visa dépend de la durée de votre séjour. Ainsi, pour une durée inférieure à 3 mois, les Français n'auront besoin que de leur carte d'identité pour pénétrer tandis que les étrangers devront se procurer leur passeport et leur titre de voyage. Pour une durée de séjour supérieure à 3 mois les formalités sont différentes. Pour les habitants de l'Espace Économique Européen il n'y a pas besoin de Visa mais il faut tout de même fournir un certain nombre de documents, dont l'extrait du casier judiciaire. Pour les autres, il faut fournir une photographie, un extrait du casier judiciaire ainsi qu'une photocopie du passeport et d'autres documents auprès du Consul de France le plus proche.
Climat
Le climat est le même que celui du sud de la France, c'est-à-dire tempéré méditerranéen. Les températures moyennes vont de 10°C à 26°C, il s'agit d'une plage de températures relativement homogène.
Décalage horaire
Le décalage horaire est nul par rapport à la France et le fuseau horaire est de + 1 en temps normal par rapport à l'échelle de temps UTC (Temps UniverselCoordonné) et de + 2 en été.
Monnaie
La devise de Monaco est l'Euro (€), Monaco possède par ailleurs son propre Euro, avec ses propres insignes sur chaque pièce et chaque billet.
Langue
La langue officiellement parlée à Monaco est le français. On y parle aussi divers dialectes tels que le ligure, la langue monégasque, parlée par plus de 5000 personnes encore actuellement, selon les estimations officielles.
Vaccination et règles de prudence
Il n'existe pas de vaccins obligatoires pour rentrer à Monaco. En revanche, divers vaccins sont recommandés comme celui du tétanos, de la poliomyélite ou encore des hépatites A et B ainsi que de l'encéphalite à tiques. Le mieux reste d'aller voir son médecin généraliste, plus à même de gérer votre cas particulier et de vous conseiller.
Réseau téléphonique (qualité, réception etc.)
L'indicatif téléphonique pour téléphoner à Monaco est +377, il faut donc composer +377 et le numéro désiré sans le premier chiffre (généralement un 0).
Prises électriques
Les prises électriques sont du même type qu'en France, c'est-à-dire qu'elles ont un voltage de 220 Volts et une fréquence de 50 Hertz.
Informations générales
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Informations généralesPopulation: 35 880 habitants
Densité : 15 380 hab/km2
Superficie : 1975 km 2
Capitale : Monaco
Monnaie : Euro
Domaine internet : .mc
Histoire
Monaco,appelé aussi couramment "Le rocher", possède des traces de vie allant jusqu'à - 300 000 av. J.-C. Monaco fût le théâtre de guerres, et une destination prisée car elle offrait une protection naturelle grâce au rocher etune proximité non négligeable avec la mer Méditerranée. Monaco était anciennement une colonie marseillaise nommée Monoïkos, vers le VIe siècle. Monaco a ainsi été peuplé par les Romains depuis le règne de Jules César jusqu'en 475 environ, puis par les Sarrasins et enfin par les Ligures, peuple légitime de Monaco. Monaco ne devient réellement la Principauté de Monaco qu'à partir du XIIIe siècle, lorsqu'un contingent italien décide de faire construire une importante forteresse de guerre. C'est ainsi que la ville va connaître une grande influence italienne et notamment avec le règne de la famille Grimaldi, qui a pris le pouvoir dès 1297. Monaco est alors assez autonome bien que la ville dépende dans un premier temps de l'Espagne puis officiellement de la France depuis 1793, un traité déclarant que la ville est intégrée au département des Alpes Maritimes (06). Monaco durant la Seconde Guerre mondiale fût tristement associé aux lois antisémites du gouvernement pétainiste. Monaco est une monarchie constitutionnelle qui a connu de nombreux rois dont Louis II de Monaco et actuellement c'est Albert II de Monaco qui est en règne, et qui a été un objet médiatique important lors de son mariage avec Charlène Wittstock, durant l'été 2011.
Coutumes, habitudes et traditions
Les fêtes et traditions monégasques sont globalement les mêmes qu'en France. Ainsi on retrouve les principaux jours fériés liés à la religion catholique que sont, entre autre, le jour de l'An, Noël, Pâques ou encore l'Assomption et la Fête du Travail. Monaco possède tout de même la particularité de posséder un jour férié dédié à son Prince, il s'agit d'une fête nationale se déroulant le 19 novembre. Au niveau des médias, Monaco possède la chaîne de radio RMC Info ainsi que la chaîne de télévision TMC. Monaco, malgré sa faible taille, et grâce à ses nombreux investisseurs est une terre de sport et possède un club de football professionnel, l'A.S Monaco, accueille un Grand Prix de Formule 1 chaque année ainsi qu'un grand tournoi de tennis.
Religion
La principale religion monégasque est le catholicisme. Une assez grande communauté juive vit aussi à Monaco.
Se déplacer
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En voitureIl est très facile de rentrer et de circuler en voiture à Monaco, de nombreux parkings sont mis en place et les routes très bien entretenues.
Transports en commun
Monaco est bien trop petit pour héberger un réseau de métros, mais il y a tout de même la Gare de Monaco-Monte Carlo à disposition où des trains, TER, TGV et autres arrivent et partent toute la journée. Les liaisons régulières les plus importantes sont Paris-Monaco ou encore Marseille-Monaco. De plus, les bus sont accessibles à tout le monde, ressortissants étrangers comme monégasques.
En taxi
Il y a de très nombreux parkings près à vous rendre service sur la voie publique. Les prix sont globalement de 2 Euros/km environ, cela dépend des zones et du moment de la journée.
En vélo
Monaco est une destination de rêve pour faire du vélo. En effet, la ville a mis en place la location de vélos à assistance électrique sur l'ensemble du territoire et cela marche très bien actuellement. Cela facilite les déplacements sur un territoire vallonné et permet de passer éventuellement une agréable journée de balade en vélo.
Vivre & découvrir
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ÉvénementsChaque année de grands événements sportifs sont mis en place par la principauté de Monaco, le Grand Prix de F1 et les Masters Series de Monte-Carlo en sont les principaux. Celui-ci prend place en avril et le GP généralement en mai. Chaque année ont lieu aussi plusieurs festivals dont celui du cirque de Monte-Carlo (janvier) ou encore le Printemps des Arts de Monte-Carlo (mars-avril), festival musical à renommée internationale. Le festival Imagina est aussi important et il est consacré, comme son nom l'indique, à l'image et toutes ses nouveautés telles que la 3D.
Gastronomie
La cuisine monégasque rejoint en grande partie la cuisine niçoise et italienne. Les spécialités sont par exemple les gambas au pastis, le Barbagiuan ou encore la morue à la sauce tomate.
A voir et curiosités
Si vous ne deviez passer qu'une journée à Monaco, il ne faudrait pas manquer deux choses. Tout d'abord, le Musée océanographique, ludique et agréable pour les familles. Dans un second temps, il faudrait faire une promenade dans le gigantesque Port de Monaco. Mais plusieurs autres monuments sont à visiter, des églises tout d'abord, celle du Sacré-Cœur de Monaco ou encore Saint-Martin. On peut aussi se rendre dans le prestigieux Opéra de Monaco ou au Musée d'anthropologie préhistorique.
Conseils pour les familles
Monaco est une ville très agréable et très sécurisée. En revanche, les prix sont difficilement abordables et ce notamment pour une famille où les frais sont multipliés. Il est donc conseillé de visiter Monaco durant une ou deux journées afin d'avoir déjà un bel aperçu.
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Monaco: guide de voyage
Principauté de Monaco
La région de Monaco, comme l'attestent les vestiges retrouvés sur son territoire et sur celui des communes voisines, a été habitée, dès la fin du paléolithique, environ 300.000 ans avant l'ère chrétienne. Venant d'Europe orientale, les Ligures conquièrent la zone côtière, de la Toscane jusqu'au Rhône, quelque 2000 ans av... Lire la suite
La région de Monaco, comme l'attestent les vestiges retrouvés sur son territoire et sur celui des communes voisines, a été habitée, dès la fin du paléolithique, environ 300.000 ans avant l'ère chrétienne. Venant d'Europe orientale, les Ligures conquièrent la zone côtière, de la Toscane jusqu'au Rhône, quelque 2000 ans av... Lire la suite
Principauté de Monaco
La région de Monaco, comme l'attestent les vestiges retrouvés sur son territoire et sur celui des communes voisines, a été habitée, dès la fin du paléolithique, environ 300.000 ans avant l'ère chrétienne. Venant d'Europe orientale, les Ligures conquièrent la zone côtière, de la Toscane jusqu'au Rhône, quelque 2000 ans avant Jésus-Christ. Ils y introduisent l'usage de leur langue, un parler de la branche dite indoeuropéenne et y développent leur activité commerciale avec les Phéniciens, les Carthaginois et, plus tard, les Grecs. La plus ancienne citation du nom de Monaco figure dans la Périégèse d'Hécatée de Milet, qui, nommant les agglomérations les plus importantes de l'arc septentrional méditerranéen, énumère, d'ouest en est, Narbonne, Marseille, Monoikos Polis Ligustike (Monaco, ville de Ligurie), Intemelium et l'île d'Elbe. Au IIe siècle avant Jésus-Christ, la Ligurie est conquise par les Romains qui désignent alors Monaco sous le nom de Portus Herculis Monoeci. L'importance de cette anse naturelle pour les marins qui viennent y abriter leurs navires est soulignée, entre autres, dans les écrits de Virgile, Strabon, Lucain et Tacite. Au temps des martyrs chrétiens, le corps de Dévote, jeune fille corse, victime des persécutions, est enterré au débouché du vallon des Gaumates, à l'endroit où s'élève aujourd'hui l'église érigée par les Monégasques et dédiée à celle qui est devenue leur Sainte Patronne. Après la décadence de Rome, les Lombards ravagent la côte ligure, suivis, au cours des VIe, VIIe et VIIIe siècles, par les pirates musulmans, qui mènent sur le littoral leurs incursions dévastatrices. Il faudra attendre le Xe siècle pour que ceux-ci capitulent définitivement et que les populations, réfugiées dans l'arrière-pays, se réinstallent sur les rivages de la Méditerranée.
LES GÉNOIS
A partir du XIe siècle, la république de Gênes étend son autorité sur toute la Ligurie et l'empereur Frédéric Barberousse concède aux Génois la domination de la mer, depuis Porto Venere jusqu 'à Monaco. Par une bulle d'or de l'empereur Henri VI, les Génois reçoivent la concession du port et du Rocher et, dès 1215, conformément aux dispositions de cette bulle, ils commencent à construire, sur l'emplacement même du Palais actuel, un château limité par quatre tours que relie un rempart. En 1252, l'Eglise Saint-Nicolas est édifiée sur le Rocher en style roman.
Au début du XIIIe siècle, Monaco subit le contrecoup des luttes qui opposent, à Gênes, les Guelfes, partisans du pape, et les Gibelins, partisans de l'empereur.
LES GRIMALDI
C'est à la suite d'une bataille perdue par les Guelfes que François Grimaldi, dit Malizia, se repliant vers la Provence, s'empare par ruse du château de Monaco, où il s'introduit avec ses hommes déguisés en moines franciscains, dans la nuit du 8 janvier 1297. Il en sera chassé quelques années plus tard, mais, dès lors, les deux moines, chaussés, barbus, chevelus, brandissant leur épée, font partie des armoiries de la Maison Grimaldi, avec l'écu fuselé d'argent et de gueules. Les descendants d'Otto Canella, Consul de Gênes, mort en 1143, avaient pris comme patronyme le prénom de Grimaldo, fils d'Otto Canella, trois fois consul de Gênes. Rainier Ier, arrière-petit-fils d'Otto Canella, amiral de France, vainqueur des Flamands à la bataille de Zierikzee, est considéré comme le fondateur de la dynastie des Grimaldi de Monaco, bien qu'il ne soit jamais parvenu à entrer dans la place, reconquise en 1331 par son fils Charles Ier, qui acquiert également les seigneuries de Menton et de Roquebrune. Charles Ier, guerrier et marin, au service du roi de France, participe à la bataille de Crécy et au siège de Calais. Il meurt pendant le siège de Monaco par le doge de Gênes Simon Boccanegra. Monaco retombe alors aux mains des Génois, ainsi que Roquebrune, mais les Grimaldi conservent Menton, où ils demeurent en attendant de reprendre Monaco. En 1407, Rainier II récupère Roquebrune. Ses trois fils, Ambroise, Antoine et Jean, profitent d'une défaite gibeline pour rentrer en possession de la seigneurie de Monaco, en 1419, et ils y exercent le commandement un an chacun, à tour de rôle, jusqu'à ce que Jean Ier devienne seul seigneur de Monaco, dont il assure l'indépendance, en se mettant successivement au service de ses voisins: Provence, Savoie, Gênes, Milan, France, selon leur puissance du moment. Cette politique de bascule, poursuivie par ses successeurs, assurera la survie de Monaco jusqu'à la Révolution française. Prisonnier du duc de Milan, qui menace de le faire exécuter, si la seigneurie ne lui est pas cédée, Jean Ier demande à son épouse Pomelline de résister. Celle-ci obéit courageusement à son mari, qui sera finalement libéré. A la mort de Jean Ier, son fils Catalan devient seigneur de Monaco. Il ne règne que trois ans. Mais avant de mourir, il désigne sa mère Pomelline pour lui succéder et lui substitue sa fille mineure Claudine, dont il choisit l'époux qu'elle devra prendre, lorsqu'elle sera en âge de se marier: son cousin Lambert Grimaldi, coseigneur de Menton. La lutte sera âpre entre Pomelline et Lambert, qui épousera Claudine, lorsqu'elle entrera dans sa quinzième année et dont il aura quatorze enfants. Lambert, fin diplomate, et excellent stratège, consolide la position de Monaco en poursuivant la politique de bascule, mais en étendant ses alliances au delà de ses voisinages immédiats. Jean II, son fils, suit la même voie et renforce avec Charles VIII, roi de France, les bonnes relations nouées par Lambert. A la suite d'une algarade, il est assassiné par son frère Lucien. La bonne foi de ce dernier n'est pas mise en doute. Lucien aura l'occasion de faire la preuve de son courage en soutenant pendant cent jours, puis en repoussant victorieusement le siège de Monaco par les Génois. Il obtient de Louis XII des lettres patentes reconnaissant que la «Seigneurie de Monaco n'est tenue que de Dieu et de l'épée». Il meurt assassiné à son tour, avec la complicité d'Andrea Doria. Augustin Grimaldi, évêque de Grasse, succède à son frère Lucien en qualité de seigneur viager de Monaco. Il cherche à consolider l'alliance avec la France, mais les agissements d'Andrea Doria, allié de François Ier, le poussent à négocier, en 1524, avec Charles Quint les traités de Burgos et de Tordesillas qui placent la seigneurie de Monaco sous le protectorat espagnol.
Lorsque son oncle Augustin meurt, en 1532, Honoré Ier, fils de Lucien, n'a pas encore atteint sa majorité. Sa tutelle est exercée par Etienne Grimaldi, dit le Gubernant, qui renforce officiellement l'alliance avec l'Espagne, tout en exploitant le moindre événement pour consolider l'autonomie monégasque. Etienne gouvernera ainsi la seigneurie jusqu 'à sa mort, avec l'accord de son ancien pupille, qui poursuivra la même politique au cours des vingt années de son règne effectif. Le fils d'Honoré Ier, Charles II, puis le fils de celui-ci, Hercule Ier, qui périra assassiné, connaissent des règnes difficiles, marqués par des conflits et des intrigues. La mort brutale d'Hercule place à nouveau un mineur sur le trône de la seigneurie, Honoré II, dont le tuteur, le prince Frédéric de Valdetare, le persuade de prendre le titre de prince. Le jeune souverain, formé au goût des arts et des lettres et au culte de la grandeur, rénove le palais princier, où il réunit des collections de tableaux et des pièces de grande valeur; il fait frapper des monnaies à son effigie et il entame auprès de Richelieu un rapprochement avec la France. En 1641, il signe, à Péronne, un traité avec le roi Louis XIII, qui lui assure l'amitié protectrice de la France. Les Espagnols sont expulsés. Honoré II sera reçu à la cour de France avec magnificence et Louis XIV sera le parrain de son petit-fils, le futur Louis Ier. Au Palais, des fêtes somptueuses sont données pendant tout son règne. En 1662, Louis Ier lui succède, après de brillants débuts à la cour de France, où il a rencontré son épouse, Charlotte, fille du maréchal de Gramont. Il s'engage au service du roi de France, prend part à la guerre des Provinces-Unies contre l'Angleterre, et, à la tête de son régiment Monaco-Cavalerie, à la campagne de Flandre et de Franche-Comté. Désireux d'assurer la succession du roi d'Espagne, Charles II, au fils de Marie-Thérèse, le roi Louis XIV le choisit comme son ambassadeur auprès du Saint-Siège, pour ses qualités diplomatiques et pour ses liens de famille avec de nombreux cardinaux. Louis Ier engloutit une partie de ses biens pour donner un grand faste à son ambassade. Il meurt à Rome en 1701. Son fils Antoine Ier monte sur le trône des Grimaldi à l'âge de quarante ans. Il s'était distingué sur les champs de bataille de Fleurus, Mons et Namur, où sa bravoure et sa haute taille lui avaient valu le surnom de Goliath. Musicien averti, il dirige son orchestre avec la canne que lui a léguée Lully et réunit une importante bibliothèque d'oeuvres musicales. Redoutant une invasion, il entreprend d'importants travaux de fortifications autour du Palais et à la pointe de la presqu'île du Rocher. Sa fille, Louise-Hippolyte, épouse Jacques-François-Léonor de Goyon-Matignon. Elle ne règnera que quelques mois et succombera à une épidémie de variole.
Jacques Ier abdique bientôt en faveur de son fils Honoré III, encore mineur, dont il conserve la tutelle après avoir nommé gouverneur de la principauté le Chevalier de Grimaldi, fils naturel d'Antoine Ier. Au début de son règne, Honoré III participe aux campagnes de Flandre, du Rhin et des Pays-Bas. Il vit le plus souvent à Paris et dans ses terres normandes, laissant la responsabilité de l'administration monégasque au scrupuleux Chevalier de Grimaldi.
La principauté connaît alors une ère de paix, interrompue seulement par le blocus que lui font subir, d'octobre 1746 à juin 1747, l'impératrice Marie-Thérèse et le roi de Sardaigne Charles-Emmanuel III, peu convaincus de la déclaration de neutralité faite par Honoré III. Le droit de mer, le trafic maritime et la pêche alimentent l'économie monégasque. Les exploitations d'agrumes se développent. Des manufactures s'installent. Une imprimerie est créée. Les arts et la littérature sont encouragés. Cependant les idées nouvelles venues de France conduisent à certaines provocations, surtout dans les villes de Menton et de Roquebrune. Le prince Honoré III satisfait quelques revendications, mais la chute de la monarchie française et la rupture de la France avec la Sardaigne conduisent les troupes françaises à Monaco, où elles fondent une société populaire qui décrète la déchéance des Grimaldi. La république est proclamée et l'annexion à la France demandée. Le 4 février 1793 la Convention vote la réunion de la principauté à la France. Le palais est pillé, transformé en caserne, puis en dépôt de mendicité. Le prince Honoré est incarcéré, ainsi que tous les membres de sa famille. Sa belle-fille, Françoise de Choiseul-Stainville, est guillotinée, à l'âge de vingt-sept ans. Libéré en octobre 1794, Honoré III meurt quelques mois plus tard. Pendant la période napoléonienne, ses petits-enfants servent dans l'armée française. Après l'abdication de Napoléon, le prince Honoré IV, fils d'Honoré III, obtient le rétablissement de ses droits. Malade, il délègue d'abord ses pouvoirs à son frère Joseph, puis à son fils aîné qui va régner sous le nom d'Honoré V. Après les Cent-Jours, le Congrès de Vienne place la principauté sous le protectorat du roi de Sardaigne. Honoré V essaie courageusement de faire face aux difficultés financières de la restauration, en créant des activités industrielles et artisanales et en concédant certains monopoles, notamment celui des blés et des farines. Ce système, dit de l'exclusive, mécontente la population en raison du manque de scrupules des concessionnaires. Il engendre des troubles qui conduisent bientôt à la sécesssion des communes de Menton et de Roquebrune. Avant de mourir, Honoré V compose sa propre épitaphe, qui résume parfaitement l'action d'un règne difficile mais généreux: «Ci-gît qui voulut faire le bien». Son frère Florestan Ier lui succède. Fin lettré, esprit libéral, il abolit la politique des monopoles, mais à Menton et à Roquebrune le mal était déjà profond et, à la faveur des événements, en 1848, les deux communes se déclarent villes libres. Malgré sa popularité, le prince héréditaire Charles, qui se rend à plusieurs reprises sur le terrain de la sédition, où il compte de nombreux admirateurs, ne parviendra pas à empêcher le rattachement des deux villes à la France, au moment où celle-ci annexe le comté de Nice et la Savoie. A la mort du prince Florestan, le 26 juin 1856, le prince Charles III, qui depuis quelques années administrait la principauté, avec l'aide efficace de sa mère, la princesse Caroline, signe avec Napoléon III le traité du 2 février 1861, dont les clauses principales assurent l'indépendance de la principauté, entérinent la perte de Menton et de Roquebrune, stipulent le versement d'une indemnité compensatoire, prévoient la construction d'une route littorale entre Nice et Monaco et le passage de la voie ferrée Nice-Gênes sur le territoire de la principauté. En 1865 une convention franco-monégasque règle les modalités de l'union douanière et les rapports de voisinage entre les deux pays. Avant même la mort du prince Florestan, le prince Charles III et la princesse Caroline avaient fait plusieurs tentatives d'industrialisation de la principauté, destinées à résoudre le problème économique. Toutes étaient demeurées sans lendemain, à l'exception de celle qui avait pour but d'exploiter la situation climatique du pays, au moment où se dessinaient les premiers succès de la Côte d'Azur.
En 1866, un nouveau quartier est en train de naître face au Rocher des Grimaldi. Charles III lui donne le nom de Monte-Carlo, qui devient rapidement synonyme de fêtes, d'élégance, de spectacles, de loisirs et de sports.
Les impôts directs sont supprimés. Le monde de la politique, des lettres et des arts se donne rendez-vous dans la principauté. Le prince Charles III crée l'ordre de Saint-Charles, bat monnaie d'or, émet les premiers timbres-poste de Monaco, ouvre des légations et des consulats à l'étranger, signe des traités bilatéraux avec les grands pays européens et obtient du Saint-Siège l'indépendance religieuse de la principauté, dont le territoire est érigé en évêché. La justice, la police, l'enseignement font l'objet de réformes importantes. Lorsque le prince Charles III meurt le 10 septembre 1889, il lègue à son fils, le prince Albert, un Etat moderne, qui a trouvé sa vocation au sein de la nouvelle Europe. Le prince héréditaire Albert avait consacré sa jeunesse à la navigation et à la science. L'exercice du pouvoir ne contrariera pas cette vocation. Le prince Albert Ier poursuit l'oeuvre de son père dans les voies déjà tracées et y ajoute la dimension scientifique. Sous son règne, la vie artistique connaît un brillant développement avec d'inoubliables créations d'opéras et l'installation des ballets russes de Diaghilev à Monaco. Dans le domaine politique, le prince Albert Ier octroie la première Constitution; signe avec la France un traité d'amitié réglant les problèmes dynastiques et redéfinissant l'union douanière; et de nombreuses conventions internationales avec d'autres pays. Il fait de la principauté un terrain de rencontres internationales et y fonde en 1903 l'Institut international de la paix pour la recherche du règlement pacifique des conflits. A Paris il crée l'Institut océanographique et l'Institut de paléontologie humaine; à Monaco le Musée océanographique, le Musée d'anthropologie préhistorique, le Jardin Exotique. Il rénove le port, fait édifier l'Hôtel du Gouvernement, ouvre un lycée, crée un pensionnat pour jeunes filles et des écoles, fait construire un nouvel hôpital, organise des meetings d'aviation, des meetings motonautiques et le 1er Rallye automobile Monte-Carlo. Membre correspondant de l'Académie française des sciences, de l'Académie française de médecine, titulaire de la médaille d'Agassiz, le prince Albert Ier meurt le 26 juin 1922. Le prince Louis II, son fils, qui avait participé, dans les rangs de l'armée française, aux combats de la première guerre mondiale, où il avait été plusieurs fois cité pour sa conduite héroïque, dirige la politique monégasque pendant la période difficile de l'entre-deux-guerres et la longue crise économique, qui débouche sur le deuxième conflit mondial. Malgré une double occupation étrangère, il sauvegarde l'œuvre de ses prédécesseurs et la poursuit dans la voie de l'indépendance et du développement culturel, économique et social. Dans un dessein humanitaire, il crée la Commission médico-juridique et, dans le domaine de l'information, la station de Radio-Monte-Carlo. C'est également sous son règne que naît, en 1929, le Grand prix automobile de Monaco. A sa mort en 1949, son petit-fils, le prince Rainier III, fils de la princesse Charlotte et du prince Pierre, comte de Polignac, lui succède. A vingt-six ans, il aborde l'un des plus grands règnes de l'histoire de Monaco.
Après avoir servi dans les rangs de l'armée française, dès sa majorité, le prince Rainier s'est initié très tôt aux rouages de l'administration monégasque, qui va se développer rapidement, dans tous les secteurs, sous son autorité.
Il agrandit le territoire national d'un cinquième de sa superficie par des emprises spectaculaires sur la mer; crée de nouvelles institutions scientifiques: le Centre scientifique, le Centre d'acclimatation zoologique, la Réserve sous-marine du Larvotto, accueille le Laboratoire de radioactivité marine de l'A.I.E.A. et lance une véritable croisade contre les méfaits de la pollution en milieu marin; dote Monte-Carlo d'une longue plage de sable fin; établit une liaison routière rapide à travers tout le territoire, grâce à la mise en souterrain de la voie ferrée; rénove le réseau routier par le percement de tunnels sous le Rocher; relie les divers quartiers de l'agglomération par des liaisons verticales; modernise le quartier des Bas-Moulins; urbanise Fontvieille où sont édifiés un nouveau stade, une église, des équipements publics, des établissements scolaires, un héliport, des logements à loyer modéré et des locaux industriels. Il donne aux Monégasques une nouvelle Constitution, signe de nouvelles conventions avec la France, divers traités bilatéraux avec d'autres pays européens et plusieurs traités multilatéraux. Au cours de son règne, la principauté adhère à de grands organismes internationaux; les légations de Monaco sont toutes élevées au rang d'ambassade et l'évêché est érigé en archevêché. Pour récompenser les talents artistiques, l'Ordre du Mérite culturel, et pour les services rendus d'abord à la personne du Chef de l'Etat puis pour le rayonnement de la Principauté à travers le monde, l'Ordre des Grimaldi, sont successivement institués. Le développement économique est favorisé par l'extension du potentiel hôtelier et la diversification des activités touristiques, étendues au secteur du tourisme d'affaires et de congrès, grâce à la création du Centre de rencontres internationales et du Centre de Congrès Auditorium de Monaco. Il est également stimulé par un puissant secteur industriel et commercial essentiellement constitué d'activités à forte valeur ajoutée, nécessitant un personnel hautement qualifié et provoquant un minimum de nuisances. Mais ce sont les activités de prestations de services dans les secteurs des transports, de la banque, de la communication, des bureaux d’études et de liaison qui connaissent l’essor le plus rapide. De son côté la princesse Grace de Monaco avait créé l’Exposition Monte-Carlo Flora, le Garden Club et le Festival des Arts.
La région de Monaco, comme l'attestent les vestiges retrouvés sur son territoire et sur celui des communes voisines, a été habitée, dès la fin du paléolithique, environ 300.000 ans avant l'ère chrétienne. Venant d'Europe orientale, les Ligures conquièrent la zone côtière, de la Toscane jusqu'au Rhône, quelque 2000 ans avant Jésus-Christ. Ils y introduisent l'usage de leur langue, un parler de la branche dite indoeuropéenne et y développent leur activité commerciale avec les Phéniciens, les Carthaginois et, plus tard, les Grecs. La plus ancienne citation du nom de Monaco figure dans la Périégèse d'Hécatée de Milet, qui, nommant les agglomérations les plus importantes de l'arc septentrional méditerranéen, énumère, d'ouest en est, Narbonne, Marseille, Monoikos Polis Ligustike (Monaco, ville de Ligurie), Intemelium et l'île d'Elbe. Au IIe siècle avant Jésus-Christ, la Ligurie est conquise par les Romains qui désignent alors Monaco sous le nom de Portus Herculis Monoeci. L'importance de cette anse naturelle pour les marins qui viennent y abriter leurs navires est soulignée, entre autres, dans les écrits de Virgile, Strabon, Lucain et Tacite. Au temps des martyrs chrétiens, le corps de Dévote, jeune fille corse, victime des persécutions, est enterré au débouché du vallon des Gaumates, à l'endroit où s'élève aujourd'hui l'église érigée par les Monégasques et dédiée à celle qui est devenue leur Sainte Patronne. Après la décadence de Rome, les Lombards ravagent la côte ligure, suivis, au cours des VIe, VIIe et VIIIe siècles, par les pirates musulmans, qui mènent sur le littoral leurs incursions dévastatrices. Il faudra attendre le Xe siècle pour que ceux-ci capitulent définitivement et que les populations, réfugiées dans l'arrière-pays, se réinstallent sur les rivages de la Méditerranée.
LES GÉNOIS
A partir du XIe siècle, la république de Gênes étend son autorité sur toute la Ligurie et l'empereur Frédéric Barberousse concède aux Génois la domination de la mer, depuis Porto Venere jusqu 'à Monaco. Par une bulle d'or de l'empereur Henri VI, les Génois reçoivent la concession du port et du Rocher et, dès 1215, conformément aux dispositions de cette bulle, ils commencent à construire, sur l'emplacement même du Palais actuel, un château limité par quatre tours que relie un rempart. En 1252, l'Eglise Saint-Nicolas est édifiée sur le Rocher en style roman.
Au début du XIIIe siècle, Monaco subit le contrecoup des luttes qui opposent, à Gênes, les Guelfes, partisans du pape, et les Gibelins, partisans de l'empereur.
LES GRIMALDI
C'est à la suite d'une bataille perdue par les Guelfes que François Grimaldi, dit Malizia, se repliant vers la Provence, s'empare par ruse du château de Monaco, où il s'introduit avec ses hommes déguisés en moines franciscains, dans la nuit du 8 janvier 1297. Il en sera chassé quelques années plus tard, mais, dès lors, les deux moines, chaussés, barbus, chevelus, brandissant leur épée, font partie des armoiries de la Maison Grimaldi, avec l'écu fuselé d'argent et de gueules. Les descendants d'Otto Canella, Consul de Gênes, mort en 1143, avaient pris comme patronyme le prénom de Grimaldo, fils d'Otto Canella, trois fois consul de Gênes. Rainier Ier, arrière-petit-fils d'Otto Canella, amiral de France, vainqueur des Flamands à la bataille de Zierikzee, est considéré comme le fondateur de la dynastie des Grimaldi de Monaco, bien qu'il ne soit jamais parvenu à entrer dans la place, reconquise en 1331 par son fils Charles Ier, qui acquiert également les seigneuries de Menton et de Roquebrune. Charles Ier, guerrier et marin, au service du roi de France, participe à la bataille de Crécy et au siège de Calais. Il meurt pendant le siège de Monaco par le doge de Gênes Simon Boccanegra. Monaco retombe alors aux mains des Génois, ainsi que Roquebrune, mais les Grimaldi conservent Menton, où ils demeurent en attendant de reprendre Monaco. En 1407, Rainier II récupère Roquebrune. Ses trois fils, Ambroise, Antoine et Jean, profitent d'une défaite gibeline pour rentrer en possession de la seigneurie de Monaco, en 1419, et ils y exercent le commandement un an chacun, à tour de rôle, jusqu'à ce que Jean Ier devienne seul seigneur de Monaco, dont il assure l'indépendance, en se mettant successivement au service de ses voisins: Provence, Savoie, Gênes, Milan, France, selon leur puissance du moment. Cette politique de bascule, poursuivie par ses successeurs, assurera la survie de Monaco jusqu'à la Révolution française. Prisonnier du duc de Milan, qui menace de le faire exécuter, si la seigneurie ne lui est pas cédée, Jean Ier demande à son épouse Pomelline de résister. Celle-ci obéit courageusement à son mari, qui sera finalement libéré. A la mort de Jean Ier, son fils Catalan devient seigneur de Monaco. Il ne règne que trois ans. Mais avant de mourir, il désigne sa mère Pomelline pour lui succéder et lui substitue sa fille mineure Claudine, dont il choisit l'époux qu'elle devra prendre, lorsqu'elle sera en âge de se marier: son cousin Lambert Grimaldi, coseigneur de Menton. La lutte sera âpre entre Pomelline et Lambert, qui épousera Claudine, lorsqu'elle entrera dans sa quinzième année et dont il aura quatorze enfants. Lambert, fin diplomate, et excellent stratège, consolide la position de Monaco en poursuivant la politique de bascule, mais en étendant ses alliances au delà de ses voisinages immédiats. Jean II, son fils, suit la même voie et renforce avec Charles VIII, roi de France, les bonnes relations nouées par Lambert. A la suite d'une algarade, il est assassiné par son frère Lucien. La bonne foi de ce dernier n'est pas mise en doute. Lucien aura l'occasion de faire la preuve de son courage en soutenant pendant cent jours, puis en repoussant victorieusement le siège de Monaco par les Génois. Il obtient de Louis XII des lettres patentes reconnaissant que la «Seigneurie de Monaco n'est tenue que de Dieu et de l'épée». Il meurt assassiné à son tour, avec la complicité d'Andrea Doria. Augustin Grimaldi, évêque de Grasse, succède à son frère Lucien en qualité de seigneur viager de Monaco. Il cherche à consolider l'alliance avec la France, mais les agissements d'Andrea Doria, allié de François Ier, le poussent à négocier, en 1524, avec Charles Quint les traités de Burgos et de Tordesillas qui placent la seigneurie de Monaco sous le protectorat espagnol.
Lorsque son oncle Augustin meurt, en 1532, Honoré Ier, fils de Lucien, n'a pas encore atteint sa majorité. Sa tutelle est exercée par Etienne Grimaldi, dit le Gubernant, qui renforce officiellement l'alliance avec l'Espagne, tout en exploitant le moindre événement pour consolider l'autonomie monégasque. Etienne gouvernera ainsi la seigneurie jusqu 'à sa mort, avec l'accord de son ancien pupille, qui poursuivra la même politique au cours des vingt années de son règne effectif. Le fils d'Honoré Ier, Charles II, puis le fils de celui-ci, Hercule Ier, qui périra assassiné, connaissent des règnes difficiles, marqués par des conflits et des intrigues. La mort brutale d'Hercule place à nouveau un mineur sur le trône de la seigneurie, Honoré II, dont le tuteur, le prince Frédéric de Valdetare, le persuade de prendre le titre de prince. Le jeune souverain, formé au goût des arts et des lettres et au culte de la grandeur, rénove le palais princier, où il réunit des collections de tableaux et des pièces de grande valeur; il fait frapper des monnaies à son effigie et il entame auprès de Richelieu un rapprochement avec la France. En 1641, il signe, à Péronne, un traité avec le roi Louis XIII, qui lui assure l'amitié protectrice de la France. Les Espagnols sont expulsés. Honoré II sera reçu à la cour de France avec magnificence et Louis XIV sera le parrain de son petit-fils, le futur Louis Ier. Au Palais, des fêtes somptueuses sont données pendant tout son règne. En 1662, Louis Ier lui succède, après de brillants débuts à la cour de France, où il a rencontré son épouse, Charlotte, fille du maréchal de Gramont. Il s'engage au service du roi de France, prend part à la guerre des Provinces-Unies contre l'Angleterre, et, à la tête de son régiment Monaco-Cavalerie, à la campagne de Flandre et de Franche-Comté. Désireux d'assurer la succession du roi d'Espagne, Charles II, au fils de Marie-Thérèse, le roi Louis XIV le choisit comme son ambassadeur auprès du Saint-Siège, pour ses qualités diplomatiques et pour ses liens de famille avec de nombreux cardinaux. Louis Ier engloutit une partie de ses biens pour donner un grand faste à son ambassade. Il meurt à Rome en 1701. Son fils Antoine Ier monte sur le trône des Grimaldi à l'âge de quarante ans. Il s'était distingué sur les champs de bataille de Fleurus, Mons et Namur, où sa bravoure et sa haute taille lui avaient valu le surnom de Goliath. Musicien averti, il dirige son orchestre avec la canne que lui a léguée Lully et réunit une importante bibliothèque d'oeuvres musicales. Redoutant une invasion, il entreprend d'importants travaux de fortifications autour du Palais et à la pointe de la presqu'île du Rocher. Sa fille, Louise-Hippolyte, épouse Jacques-François-Léonor de Goyon-Matignon. Elle ne règnera que quelques mois et succombera à une épidémie de variole.
Jacques Ier abdique bientôt en faveur de son fils Honoré III, encore mineur, dont il conserve la tutelle après avoir nommé gouverneur de la principauté le Chevalier de Grimaldi, fils naturel d'Antoine Ier. Au début de son règne, Honoré III participe aux campagnes de Flandre, du Rhin et des Pays-Bas. Il vit le plus souvent à Paris et dans ses terres normandes, laissant la responsabilité de l'administration monégasque au scrupuleux Chevalier de Grimaldi.
La principauté connaît alors une ère de paix, interrompue seulement par le blocus que lui font subir, d'octobre 1746 à juin 1747, l'impératrice Marie-Thérèse et le roi de Sardaigne Charles-Emmanuel III, peu convaincus de la déclaration de neutralité faite par Honoré III. Le droit de mer, le trafic maritime et la pêche alimentent l'économie monégasque. Les exploitations d'agrumes se développent. Des manufactures s'installent. Une imprimerie est créée. Les arts et la littérature sont encouragés. Cependant les idées nouvelles venues de France conduisent à certaines provocations, surtout dans les villes de Menton et de Roquebrune. Le prince Honoré III satisfait quelques revendications, mais la chute de la monarchie française et la rupture de la France avec la Sardaigne conduisent les troupes françaises à Monaco, où elles fondent une société populaire qui décrète la déchéance des Grimaldi. La république est proclamée et l'annexion à la France demandée. Le 4 février 1793 la Convention vote la réunion de la principauté à la France. Le palais est pillé, transformé en caserne, puis en dépôt de mendicité. Le prince Honoré est incarcéré, ainsi que tous les membres de sa famille. Sa belle-fille, Françoise de Choiseul-Stainville, est guillotinée, à l'âge de vingt-sept ans. Libéré en octobre 1794, Honoré III meurt quelques mois plus tard. Pendant la période napoléonienne, ses petits-enfants servent dans l'armée française. Après l'abdication de Napoléon, le prince Honoré IV, fils d'Honoré III, obtient le rétablissement de ses droits. Malade, il délègue d'abord ses pouvoirs à son frère Joseph, puis à son fils aîné qui va régner sous le nom d'Honoré V. Après les Cent-Jours, le Congrès de Vienne place la principauté sous le protectorat du roi de Sardaigne. Honoré V essaie courageusement de faire face aux difficultés financières de la restauration, en créant des activités industrielles et artisanales et en concédant certains monopoles, notamment celui des blés et des farines. Ce système, dit de l'exclusive, mécontente la population en raison du manque de scrupules des concessionnaires. Il engendre des troubles qui conduisent bientôt à la sécesssion des communes de Menton et de Roquebrune. Avant de mourir, Honoré V compose sa propre épitaphe, qui résume parfaitement l'action d'un règne difficile mais généreux: «Ci-gît qui voulut faire le bien». Son frère Florestan Ier lui succède. Fin lettré, esprit libéral, il abolit la politique des monopoles, mais à Menton et à Roquebrune le mal était déjà profond et, à la faveur des événements, en 1848, les deux communes se déclarent villes libres. Malgré sa popularité, le prince héréditaire Charles, qui se rend à plusieurs reprises sur le terrain de la sédition, où il compte de nombreux admirateurs, ne parviendra pas à empêcher le rattachement des deux villes à la France, au moment où celle-ci annexe le comté de Nice et la Savoie. A la mort du prince Florestan, le 26 juin 1856, le prince Charles III, qui depuis quelques années administrait la principauté, avec l'aide efficace de sa mère, la princesse Caroline, signe avec Napoléon III le traité du 2 février 1861, dont les clauses principales assurent l'indépendance de la principauté, entérinent la perte de Menton et de Roquebrune, stipulent le versement d'une indemnité compensatoire, prévoient la construction d'une route littorale entre Nice et Monaco et le passage de la voie ferrée Nice-Gênes sur le territoire de la principauté. En 1865 une convention franco-monégasque règle les modalités de l'union douanière et les rapports de voisinage entre les deux pays. Avant même la mort du prince Florestan, le prince Charles III et la princesse Caroline avaient fait plusieurs tentatives d'industrialisation de la principauté, destinées à résoudre le problème économique. Toutes étaient demeurées sans lendemain, à l'exception de celle qui avait pour but d'exploiter la situation climatique du pays, au moment où se dessinaient les premiers succès de la Côte d'Azur.
En 1866, un nouveau quartier est en train de naître face au Rocher des Grimaldi. Charles III lui donne le nom de Monte-Carlo, qui devient rapidement synonyme de fêtes, d'élégance, de spectacles, de loisirs et de sports.
Les impôts directs sont supprimés. Le monde de la politique, des lettres et des arts se donne rendez-vous dans la principauté. Le prince Charles III crée l'ordre de Saint-Charles, bat monnaie d'or, émet les premiers timbres-poste de Monaco, ouvre des légations et des consulats à l'étranger, signe des traités bilatéraux avec les grands pays européens et obtient du Saint-Siège l'indépendance religieuse de la principauté, dont le territoire est érigé en évêché. La justice, la police, l'enseignement font l'objet de réformes importantes. Lorsque le prince Charles III meurt le 10 septembre 1889, il lègue à son fils, le prince Albert, un Etat moderne, qui a trouvé sa vocation au sein de la nouvelle Europe. Le prince héréditaire Albert avait consacré sa jeunesse à la navigation et à la science. L'exercice du pouvoir ne contrariera pas cette vocation. Le prince Albert Ier poursuit l'oeuvre de son père dans les voies déjà tracées et y ajoute la dimension scientifique. Sous son règne, la vie artistique connaît un brillant développement avec d'inoubliables créations d'opéras et l'installation des ballets russes de Diaghilev à Monaco. Dans le domaine politique, le prince Albert Ier octroie la première Constitution; signe avec la France un traité d'amitié réglant les problèmes dynastiques et redéfinissant l'union douanière; et de nombreuses conventions internationales avec d'autres pays. Il fait de la principauté un terrain de rencontres internationales et y fonde en 1903 l'Institut international de la paix pour la recherche du règlement pacifique des conflits. A Paris il crée l'Institut océanographique et l'Institut de paléontologie humaine; à Monaco le Musée océanographique, le Musée d'anthropologie préhistorique, le Jardin Exotique. Il rénove le port, fait édifier l'Hôtel du Gouvernement, ouvre un lycée, crée un pensionnat pour jeunes filles et des écoles, fait construire un nouvel hôpital, organise des meetings d'aviation, des meetings motonautiques et le 1er Rallye automobile Monte-Carlo. Membre correspondant de l'Académie française des sciences, de l'Académie française de médecine, titulaire de la médaille d'Agassiz, le prince Albert Ier meurt le 26 juin 1922. Le prince Louis II, son fils, qui avait participé, dans les rangs de l'armée française, aux combats de la première guerre mondiale, où il avait été plusieurs fois cité pour sa conduite héroïque, dirige la politique monégasque pendant la période difficile de l'entre-deux-guerres et la longue crise économique, qui débouche sur le deuxième conflit mondial. Malgré une double occupation étrangère, il sauvegarde l'œuvre de ses prédécesseurs et la poursuit dans la voie de l'indépendance et du développement culturel, économique et social. Dans un dessein humanitaire, il crée la Commission médico-juridique et, dans le domaine de l'information, la station de Radio-Monte-Carlo. C'est également sous son règne que naît, en 1929, le Grand prix automobile de Monaco. A sa mort en 1949, son petit-fils, le prince Rainier III, fils de la princesse Charlotte et du prince Pierre, comte de Polignac, lui succède. A vingt-six ans, il aborde l'un des plus grands règnes de l'histoire de Monaco.
Après avoir servi dans les rangs de l'armée française, dès sa majorité, le prince Rainier s'est initié très tôt aux rouages de l'administration monégasque, qui va se développer rapidement, dans tous les secteurs, sous son autorité.
Il agrandit le territoire national d'un cinquième de sa superficie par des emprises spectaculaires sur la mer; crée de nouvelles institutions scientifiques: le Centre scientifique, le Centre d'acclimatation zoologique, la Réserve sous-marine du Larvotto, accueille le Laboratoire de radioactivité marine de l'A.I.E.A. et lance une véritable croisade contre les méfaits de la pollution en milieu marin; dote Monte-Carlo d'une longue plage de sable fin; établit une liaison routière rapide à travers tout le territoire, grâce à la mise en souterrain de la voie ferrée; rénove le réseau routier par le percement de tunnels sous le Rocher; relie les divers quartiers de l'agglomération par des liaisons verticales; modernise le quartier des Bas-Moulins; urbanise Fontvieille où sont édifiés un nouveau stade, une église, des équipements publics, des établissements scolaires, un héliport, des logements à loyer modéré et des locaux industriels. Il donne aux Monégasques une nouvelle Constitution, signe de nouvelles conventions avec la France, divers traités bilatéraux avec d'autres pays européens et plusieurs traités multilatéraux. Au cours de son règne, la principauté adhère à de grands organismes internationaux; les légations de Monaco sont toutes élevées au rang d'ambassade et l'évêché est érigé en archevêché. Pour récompenser les talents artistiques, l'Ordre du Mérite culturel, et pour les services rendus d'abord à la personne du Chef de l'Etat puis pour le rayonnement de la Principauté à travers le monde, l'Ordre des Grimaldi, sont successivement institués. Le développement économique est favorisé par l'extension du potentiel hôtelier et la diversification des activités touristiques, étendues au secteur du tourisme d'affaires et de congrès, grâce à la création du Centre de rencontres internationales et du Centre de Congrès Auditorium de Monaco. Il est également stimulé par un puissant secteur industriel et commercial essentiellement constitué d'activités à forte valeur ajoutée, nécessitant un personnel hautement qualifié et provoquant un minimum de nuisances. Mais ce sont les activités de prestations de services dans les secteurs des transports, de la banque, de la communication, des bureaux d’études et de liaison qui connaissent l’essor le plus rapide. De son côté la princesse Grace de Monaco avait créé l’Exposition Monte-Carlo Flora, le Garden Club et le Festival des Arts.


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